la dédicace à saint Laurent est le signe d'une église de création très ancienne, même si son existence est seulement attestée depuis 1037. A cette date, sur le point de partir en pèlerinage en Terre Sainte, Archimbaud le Blanc, vicomte de Mâcon, donne à l'abbaye de Cluny l'église de Saint-Laurent avec toutes ses terres et revenus. A son retour de Jérusalem en 1039, il confirme cette donation qu'il complète par le don d'un domaine et la promesse d'autres libéralités, sous la condition que Cluny se dotera d'une maison à Saint-Laurent. Et en effet, au début du XIIème siècle, un certain Hugues Xartines tient l'obédience de Saint-Laurent et gère les biens de l'abbaye de Cluny dans la contrée. Mais cet établissement administratif, dit obédience ou doyenné, n'a sans doute jamais été un prieuré conventuel.
La paroisse de Saint-Laurent en Brionnais qui appartenait au diocèse et au baillage de Mâcon, dépendait de l'archiprêtré de Beaujeu et de la châtellenie de Châteauneuf. Le curé était nommé par l'abbé de Cluny.
Comme il était de règle sous l'Ancien Régime, l'entretien du chœur de l'église était à la charge du curé ou des décimateurs (le seigneur du lieu pour les deux tiers et le prieur de Charlieu pour un tiers), celui de la nef à la charge des paroissiens. L'entretien du clocher, surmontant la croisée du transept, devait être partagé, ce qui explique sans doute que, déjà noté en mauvais état lors d'une visite pastorale en 1746, ce clocher n'ait été réparé qu'au XIXe s. Quant à la nef, sans doute ravagée lors de la guerre de Cent Ans ou des guerres de Religion et peut-être reconstruite, c'était un vaisseau unique à trois travées plafonnées, un peu moins haute que la nef actuelle. En effet, jugée trop petite alors que la commune comptait près d'un milliers d'habitants, cette nef fut démolie en 1845 et remplacée par une nef à bas-côtés, voûtée d'arêtes, sur des plans de l'architecte Berthier, de Charolles. L'inscription du portail occidental, sous un tympan sculpté d'inspiration romane, rappelle le fait : Actu mac restauratum anno Domini 1845 et seq. (« Construit et restauré en 1845 et années sui-vantes… »)